Par définition, la proéminence d’un sommet est la différence entre son altitude et celle du col le plus haut (le “col clé“) permettant de rejoindre un sommet plus élevé. De façon plus imagée, on peut se représenter la proéminence d’un sommet comme étant la hauteur de la partie émergée du sommet si l’on ajustait la hauteur des océans de sorte que le sommet soit le point culminant d’une île. Le col clé serait d’ailleurs situé sur les berges de cette île. On peut aussi la voir comme le dénivelé négatif minimal nécessaire pour atteindre un sommet plus élevé.
Le sommet A est le point culminant de son île, sa proéminence est donc égale à son altitude puisqu’il est nécessaire de repasser par le niveau de la mer pour atteindre un sommet supérieur.
Pour le sommet B, à la fois le col 1 et le col 2 permettent de rejoindre un sommet plus élevé. Le col 2 étant plus haut que le col 1, il correspond au col clé du sommet B.
Pour le sommet C, le col 2 ne permet pas d’atteindre un sommet plus élevé (le sommet B est moins haut que le sommet C). Le col clé est donc le col 1.
Historiquement, le concept de proéminence est issu de la pratique du peak bagging, et permet dans ce cadre de différencier les sommets principaux et les sommets secondaires.
Mais pour le randonneur, le concept de proéminence a surtout comme intérêt de permettre une identification rapide des sommets importants localement, qui dominent leur entourage et offrentainsi une vue dégagée. Inversement, les sommets très proéminents sont aussi vus de très loin, et donc “iconiques” d’une région donnée.
Appliquée aux Pyrénées, une telle liste donne beaucoup d’importance aux points culminants des massifs des piémonts, qui sont généralement des sommets faciles, d’un moindre intérêt “alpinistique”. La plupart des sommets de la liste se trouvent sur le versant espagnol des Pyrénées, pour des raisons géomorphologiques (asymétrie de la chaîne pyrénéenne).