Guillaume Delfau

(1766 – 1815)

Éléments biographiques

Guillaume Delfau est né le  20 août 1766 à Grives (Dordogne) et mort le 6 juillet 1815 à Périgueux. Il est connu pour être l’auteur du premier récit crédible de l’ascension du Pic du Midi d’Ossau, ascension effectuée le 3 octobre 1796, au cours d’un séjour aux Eaux-Bonnes. 

Bien qu’il ait été selon toute vraisemblance précédé de quelques années par des bergers envoyés par Junker pour placer un signal de triangulation, ce coup d’éclat unique de Delfau constitue un épisode emblématique de la conquête des Pyrénées.

Par ailleurs, il entre en politique durant la Révolution française. Élu député de la Dordogne du 10 septembre 1791 au 20 septembre 1792, il siège parmi les modérés. Il est ensuite mis en accusation dans le contexte révolutionnaire et s’engage dans l’armée pour échapper aux poursuites. Il est emprisonné comme suspect sous la Terreur avant d’être libéré en juillet 1794. En 1800, il devient secrétaire général de la préfecture de la Dordogne.

Ascensions (1)


1796-10-03 ; Pic du Midi d’Ossau
Beraldi, Henri ; Cent ans aux Pyrénées, Vol.1, Impr. de L. Danel (Paris), 1898-1904 ; p.73 (lire en ligne) — Beraldi, Henri ; Balaïtous et Pelvoux. 2. Un officier géodésien aux Pyrénées en 1786-1795, les premières ascensions du Grand Pelvoux par le capitaine Durand, impr. Lahure (Paris), 1910 ; p.63 (lire en ligne) — Delfau, Guillaume ; Voyage au pic du midi de Pau – le 3 octobre 1797, éditions Cairn, 2021, ISBN 978-2350689449Llagostera Fernández, Antoni ; “La frontera pirinenca dels botànics i excursionistes dels segles XVIII-XIX”. Annals del Centre d’Estudis Comarcals del Ripollès, 2012 ; p.177-212 (lire en ligne)
La date même de cette ascension a été largement discutée puisqu’il existe deux versions du texte de Delfau, l’une datant l’ascension du 3 octobre 1796 et l’autre du 3 octobre 1797 (version rééditée citée en source). Le Bondidier a semblé considérer que la date de 1797 était la bonne, tandis que Beraldi a lui opté pour 1796. Dans la préface de la réédition du texte de 2021, Dendaletche se range à l’avis de Beraldi, “l’étude comparée des textes des deux éditions, [..] et des épreuves d’imprimerie corrigées de la main de l’auteur permet[tant] actuellement de conclure, contrairement à l’avis de Le Bondidier, à l’antériorité du texte de 1796”. Cette ascension est la première de l’Ossau réellement documentée par un récit qui paraisse authentique. Toutefois, Delfau signale que le berger qui l’accompagne (Mathieu) a connaissance d’une ascension antérieure, assez récente, réalisée par des bergers locaux. Il trouve d’ailleurs au sommet une “muraille circulaire qu’on a élevée de débris même du sommet, à la hauteur d’environ deux pieds”. Il ajoute ultérieurement que cette ascension antérieure s’est inscrite dans le cadre des travaux de mesure des hauteurs des sommets de Reboul et Vidal en 1787. Il semble plutôt qu’il s’agisse d’un signal de triangulation construit dans le cadre de la campagne géodésique menée par Junker dans le cadre de la commission Caro-Ornano. En effet, lorsque Junker, depuis le sommet du Pic de Peyrelue (1790-08-07) vise les deux pointes du Pic du Midi d’Ossau (Balaïtous et Pelvoux, p.64), il ne mentionne pas de signal. En revanche les notes concernant ses visées du 1790-08-20 au sommet du Pic de Bénou mentionnent l’existence d’un « signal » du Pic du Midi (Balaïtous et Pelvoux, p.67). L’ascension aurait donc eu lieu à la mi-août. Dendaletche la place le 19 août, disposant vraisemblablement des notes de visée du 18 août.

Carte des ascensions