Éléments biographiques

Pierre Méchain. Peinture conservée à la Bibliothèque de l’Observatoire de Paris., depuis Wikimedia Commons.
Pierre-François-André Méchain est né à Laon en 1744. Ayant suivi des études de physique et de mathématiques, il est repéré et formé par l’astronome Lalande dont il devient l’ami et l’assistant.
Méchain découvre au cours de sa carrière de nombreux objets célestes (amas d’étoiles, nébuleuses, galaxies et quelques comètes).
Sa renommée, ainsi que sa place dans l’histoire des Pyrénées, tiennent surtout à la mesure du méridien entre Dunkerque et Barcelone, qu’il réalise avec Delambre. L’objectif de cette campagne géodésique était de définir le mètre-étalon comme la dix-millionième partie du quart du méridien terrestre.
Chargé avec ses assistants de la mesure de la partie méridionale du méridien, Méchain débute ses travaux en 1792. Malgré les troubles révolutionnaires, il mène avec une grande rapidité ses travaux de triangulation.
Cependant, un grave accident en 1793, puis la guerre du Roussillon entre la France et l’Espagne, viennent interrompre ses travaux. Bloqué en Catalogne, il poursuivit néanmoins ses observations astronomiques et découvre une discordance d’environ trois secondes d’arc entre ses mesures de latitude et les résultats de sa triangulation.
Incapable d’en expliquer l’origine, il choisit de dissimuler une partie de ses observations, secret qui pèsera lourdement sur lui. Séparé de sa famille, retenu loin de la France par la guerre, inquiet des événements de la Terreur et persuadé d’avoir commis une faute grave, il sombre alors dans une profonde mélancolie.
Réfugié successivement à Barcelone, en Italie puis à Gênes avant de regagner la France en 1795, il reprend ses travaux avec une lenteur croissante, obsédé par la nécessité de vérifier ses résultats espagnols. Malgré l’insistance de ses collègues, il retarde pendant plusieurs années l’achèvement de la méridienne, refusant même de rentrer à Paris tant qu’il n’aurait pas résolu cette énigme. Ce n’est qu’à la fin de 1798 que Delambre parvint finalement à le ramener dans la capitale pour présenter les résultats de l’expédition qui devait servir de base à la définition du mètre.
En réalité, il ne s’agissait probablement pas d’une faute de calcul, mais de la combinaison d’erreurs instrumentales inévitables et d’irrégularités réelles du champ de gravité terrestre. Méchain avait ainsi mis en évidence, sans pouvoir l’expliquer, les limites des modèles géométriques de son époque. Son « erreur » n’affecta finalement la longueur du mètre que de quelques dixièmes de millimètre.
Ascensions (9)
Delambre, Jean-Baptiste ; “Signal de Notre-Dame-du-Mont”, Base du système métrique décimal, ou mesure de l’arc du méridien compris entre les parallèles de Dunkerque et Barcelone, Vol.1, Baudouin (Paris), 1806-1810 ; p.445-457 (mention ; lire en ligne) — Urteaga, Luis ; Capdevila, Joan ; “Tres hitos en el establecimiento de la red geodésica en Cataluña”, Ería (n°92) ; p.293–307 (mention ; lire en ligne)Une série de visées du 13 et 14 septembre 1792 par Méchain accompagné de l’espagnol Bueno.
Delambre, Jean-Baptiste ; “Signal de Roca Corva” Base du système métrique décimal, ou mesure de l’arc du méridien compris entre les parallèles de Dunkerque et Barcelone, Vol.1, Baudouin (Paris), 1806-1810 ; p.465-469 (mention ; lire en ligne) — Urteaga, Luis ; Capdevila, Joan ; “Tres hitos en el establecimiento de la red geodésica en Cataluña”, Ería (n°92) ; p.293–307 (mention ; lire en ligne)Une série de visées par Méchain (accompagné de Bueno et Alvarez) du 17 au 19 septembre 1792.
Delambre, Jean-Baptiste ; “Signal de Puig-se-calm”, Base du système métrique décimal, ou mesure de l’arc du méridien compris entre les parallèles de Dunkerque et Barcelone, Vol.1, Baudouin (Paris), 1806-1810 ; p.457-464 (mention ; lire en ligne) — Urteaga, Luis, ; Capdevila, Joan ; “Tres hitos en el establecimiento de la red geodésica en Cataluña”, Ería (n°92) ; p.293–307 (mention ; lire en ligne)Une série de visées par Méchain du 1 au 3 vendémiaire de l’an I (soit du 22 au 24 septembre 1792).
Delambre, Jean-Baptiste ; “Signal de Notre-Dame-du-Mont”, Base du système métrique décimal, ou mesure de l’arc du méridien compris entre les parallèles de Dunkerque et Barcelone, Vol.1, Baudouin (Paris), 1806-1810 ; p.445-457 (mention ; lire en ligne)Une série de visées par Méchain accompagné de l’espagnol Bueno du 4 au 6 vendémiaire de l’an II, c’est-à-dire du 25 au 27 septembre 1793.
Delambre, Jean-Baptiste ; “Signal de Forceral”, Base du système métrique décimal, ou mesure de l’arc du méridien compris entre les parallèles de Dunkerque et Barcelone, Vol.1, Baudouin (Paris), 1806-1810 ; p.388-400 (mention ; lire en ligne)La mention de l’année manque dans les dates des visées effectuées depuis le sommet. On sait que le signal de triangulation a été élevé au sommet en vendémiaire de l’an II pour être observé depuis le Puig de l’Estelle et le Puig de Calmelles. Toutefois, l’entrée sur le Pech de Fraysse (« Signal de Tauch ») mentionne que des visées de Força Réal vers Tauch ont eu lieu en vendémiaire et en pluviôse de l’an IV. De même, la section sur le Puig de l’Estelle mentionne que les visées vers ce sommet ont été effectuées depuis Força Réal en l’an IV. On peut supposer que les visées rapportées dans le document qui sont bien datées des mois de vendémiaire et pluviôse soient celles de l’an IV. La première série de visées (Méchain, Esteveny et Tranchot) s’est déroulée du 15 au 22 vendémiaire soit du 7 au 14 octobre 1795 (ascension enregistrée ici). La seconde série de visées (Méchain, Esteveny) a eu lieu du 28 nivôse au 6 pluviôse soit du 18 au 26 janvier 1796.
Delambre, Jean-Baptiste ; “Pic de Bugarach”, Base du système métrique décimal, ou mesure de l’arc du méridien compris entre les parallèles de Dunkerque et Barcelone, Vol.1, Baudouin (Paris), 1806-1810 ; p.376-382 (mention ; lire en ligne)Une série de visées a été effectuée depuis le sommet par Méchain et Esteveny entre le 2 et le 15 brumaire de l’an IV du calendrier républicain (c’est-à-dire entre le 24 octobre 1795 et le 6 novembre 1795. Contrairement à la plupart des visées de l’ouvrage de Delambre, la mention de l’année est présente pour les mesures effectuées à Bugarach. De plus, il est mentionné aux entrées sur le « Signal de Tauch » et le « Signal du Puy la Estella » que des visées ont été effectuées vers ces sommets depuis Bugarach en brumaire de l’an IV. La source mentionne enfin une ascension antérieure en vendémiaire de l’an II pour mettre en place le signal (probablement par Méchain).
Delambre, Jean-Baptiste ; “Signal de Tauch”, Base du système métrique décimal, ou mesure de l’arc du méridien compris entre les parallèles de Dunkerque et Barcelone, Vol.1, Baudouin (Paris), 1806-1810 ; p.383-388 (mention ; lire en ligne)Correspond au « Signal de Tauch » du texte. La source mentionne une série de visées effectuée depuis le sommet par Méchain, Esteveny et Tranchot entre le 6 nivôse et le 11 nivôse que l’on peut supposer avoir eu lieu au cours de l’an IV (c’est-à-dire entre 27 décembre 1795 et le 1er janvier 1796). En effet, on sait que le signal a été renversé et surtout remis en place entre les visées effectuées vers le signal de Tauch depuis Força Réal et Bugarach (en vendémaire et brumaire de l’an IV) et celles effectuées vers Tauch depuis Força Réal en pluviôse de l’an IV. Ceci implique donc une présence sur le sommet entre les mois de brumaire et de pluviôse de l’an IV, ce qui serait cohérent avec des observation au cours du mois nivôse. Ce scénario implique également une ascension antérieure pour la mise en place du signal avant vendémiaire de l’an IV.
Delambre, Jean-Baptiste ; “Signal du Mont d’Espira”, Base du système métrique décimal, ou mesure de l’arc du méridien compris entre les parallèles de Dunkerque et Barcelone, Vol.1, Baudouin (Paris), 1806-1810 ; p.401-407 (mention ; lire en ligne)Le texte mentionne une série de visées effectuées par Méchain et Esteveny entre le 20 et le 26 nivôse, sans mention toutefois de l’année. S’inscrivant dans la fin de la triangulation, l’an IV est probable (10 au 16 janvier 1796). Ceci placerait les visées exactement entre celles réalisées au Pech de Fraysse (signal de Tauch) et celles réalisées à Força Réal, ce qui est cohérent d’un point de vue géographique.
Delambre, Jean-Baptiste ; “Signal de Forceral”, Base du système métrique décimal, ou mesure de l’arc du méridien compris entre les parallèles de Dunkerque et Barcelone, Vol.1, Baudouin (Paris), 1806-1810 ; p.388-400 (mention ; lire en ligne)La mention de l’année manque dans les dates des visées effectuées depuis le sommet. On sait que le signal de triangulation a été élevé au sommet en vendémiaire de l’an II pour être observé depuis le Puig de l’Estelle et le Puig de Calmelles. Toutefois, l’entrée sur le Pech de Fraysse (« Signal de Tauch ») mentionne que des visées de Força Réal vers Tauch ont eu lieu en vendémiaire et en pluviôse de l’an IV. De même, la section sur le Puig de l’Estelle mentionne que les visées vers ce sommet ont été effectuées depuis Força Réal en l’an IV. On peut supposer que les visées rapportées dans le document qui sont bien datées des mois de vendémiaire et pluviôse soient celles de l’an IV. La première série de visées (Méchain, Esteveny et Tranchot) s’est déroulée du 15 au 22 vendémiaire soit du 7 au 14 octobre 1795. La seconde série de visées (Méchain, Esteveny) a eu lieu du 28 nivôse au 6 pluviôse soit du 18 au 26 janvier 1796 (ascension enregistrée ici).